L'équipe pédagogique de l'Institut de Formation en Soins Infirmiers du centre hospitalier de Guéret n'est jamais à court d'idées pour proposer aux étudiants des expériences toutes aussi formatives qu'originales ... Dernière en date, jouer les détenus dans le cadre d'un plan particulier d'intervention dans l'univers carcéral. Récit !
L'Institut de Formation en Soins Infirmiers du centre hospitalier de Guéret a fait le choix de dérouler l’unité d’enseignement soins d’urgence (4.3.S2) de façon transversale. En effet, au regard du référentiel de formation, l’attestation de formation aux gestes et soins d’urgence (A.F.G.S.U.) est délivrée en fin du cursus alors que l’enseignement, d’une durée de 21 H, se déroule au semestre 2.
Afin de mobiliser les connaissances et compétences acquises par les étudiants, tout au long de la formation, l’IFSI s’est rapproché du service de sécurité civile de la préfecture du département afin de participer aux différents exercices ORSEC. Bien que les étudiants ne soient pas acteurs de la chaîne des secours, leur participation en tant que "plastrons" leur permet non seulement d’assimiler l’organisation de la réponse de la sécurité civile, quel que soit le plan activé, mais également de comprendre le vécu des victimes et de réfléchir sur leur posture professionnelle.
"Jouer" dans une situation de crise en prison...
Voilà pourquoi le 5 décembre 2013 les étudiants en soins infirmiers se sont retrouvés en prison « pour de faux » afin de participer à un plan particulier d’intervention (P.P.I.). Les maisons d’arrêt ayant l’obligation de tester leur capacité à gérer des crises, la direction interrégionale des services pénitentiaires de Bordeaux et la préfecture de la Creuse ont organisés un exercice de sécurité civile.
Les objectifs du plan étaient de :
- gérer l’alerte médicale ;
- maintenir l’ordre ;
- coordonner des services : SAMU-SMUR, SDIS, ARS, ERIS, DDSP, préfecture.
Le scénario était : intoxication alimentaire à la suite du déjeuner pris par les détenus entraînant :
- 5 Urgences Absolues ;
- 7 Urgences Relatives, dont 2 victimes non coopératives ;
- 3 agitateurs.
Quinze étudiants en soins infirmiers de l’Institut de Formation de Guéret avaient endossé le rôle de détenus. Afin de maintenir l’ordre et permettre la prise en soins des victimes, l’intervention de l’Equipe Régionale d’Intervention et de Sécurité (ERIS), unité d’élite de l’administration pénitentiaire, a été nécessaire.
Quel ressenti pour les ESI...
A l’issue de cet exercice, un débriefing avec les étudiants a permis de mettre en évidence leur ressenti. Ils mettent en avant : une atmosphère singulière s’apparentant d’emblée à la privation, l’intrusion, la perte d’intimité, de soi, qui fait du milieu carcéral un lieu pesant, influant et paradoxal ; un espace-temps rigide où règne un climat de contraintes, d’ambivalence, de pouvoir et de privation de liberté. Ils ont également pressenti un relationnel particulier avec ces patients pas comme les autres où les mécanismes à déjouer doivent être nombreux : rester neutre, ne pas renoncer, tenir le cap, être là… Mais ils terminent de façon unanime en disant : c’est une excellente expérience que nous garderons toujours en mémoire et si c’était à refaire, ce serait sans hésiter. Ce vécu nous permet déjà de réfléchir dès à présent sur la prise en soins d’une personne incarcérée que nous serons susceptibles de rencontrer lors de notre exercice professionnel.
Merci aux étudiants pour leur participation plus vraie que nature…
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